Depuis le 25 février 2025, les cigarettes électroniques jetables sont officiellement interdites en France. Cette décision, validée par le Sénat mi-février 2025, a mis fin à la commercialisation d’un produit qui représentait près de 15 % des achats de vapotage dans le pays. Retour sur une année de transformation pour les consommateurs et les fabricants.
La puff, un succès fulgurant suivi d’une interdiction sévère
Le principe de la puff était simple : un appareil prêt à l’emploi, aucune maintenance, aucune recharge, vendu à un tarif unitaire accessible. Ce format ultra-compact a séduit un large public, notamment des débutants attirés par les arômes sucrés et la facilité d’utilisation. Mais c’est précisément ce succès auprès des jeunes, conjugué à l’impact environnemental considérable de ces déchets électroniques à usage unique, qui a conduit le législateur à agir.
La loi prévoit des amendes dissuasives pour les contrevenants : jusqu’à 100 000 euros, portées à 200 000 euros en cas de récidive. Malgré tout, le produit reste parfois visible dans certains points de vente, signe que l’application sur le terrain demeure inégale.
Un marché de 1,6 milliard d’euros qui se réorganise autour du rechargeable
Le secteur ne s’est pas effondré pour autant. Avec près de 4 millions de vapoteurs recensés en France en 2026 et un chiffre d’affaires atteignant 1,6 milliard d’euros en 2025 (selon Xerfi), la e-cigarette s’est imposée comme l’un des principaux substituts nicotiniques. La hausse du prix du tabac, désormais au-delà de 12 euros le paquet, a accéléré ce mouvement : les ventes de cigarettes ont chuté de 12 % entre 2024 et 2025.
Environ 65 % des anciens utilisateurs de puffs auraient basculé vers un pod rechargeable ou semi-rechargeable. La demande pour des appareils compacts, portables et simples d’utilisation s’est nettement accélérée. Les nouvelles générations de pods intègrent des batteries dépassant 1 000 mAh, des résistances de type mesh et des technologies de chauffe céramique (comme le FEELM) pour une vapeur plus dense, sans combustion.
La transformation du marché après l’interdiction des jetables illustre une réalité plus large : quand un produit disparaît par la loi, la demande ne s’évapore pas forcément, elle se réoriente. Reste à voir si les nouvelles offres compactes rechargeable sauront durablement remplacer la simplicité qui avait fait le succès des puffs.

